Expressions des élus : les élus de la Majorité

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« Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison »
Victor Hugo

Dans un contexte national agité, notre système éducatif est mis à mal par nombre de nouvelles mesures imposées par l’Etat.

Peu soucieux de la dégradation du service public, le gouvernement fait le choix de ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux. L’école, au sens large du terme, est la première affectée avec la suppression de 12 000 postes dès ce mois de septembre. 12 000 suppressions qui viennent s’ajouter aux 60 000 postes perdus depuis 2002, essentiellement dans le secondaire. Localement, même si le Lepap Maurice Clavel ne devrait pas souffrir de cette mesure cette année, le lycée Joliot Curie de Sète, fréquenté par une bonne centaine de jeunes frontignanais, est touché de plein fouet. Après avoir perdu 9 postes en septembre 2007, c’est 10 de plus dont l’établissement se passera cette fois. Ce plan d’austérité éducative va à l’évidence augmenter le nombre de classes surchargées, dégrader les conditions de travail des enseignants, réduire l’offre proposée aux lycéens dans les différentes filières et pousser encore plus vers la sortie du système scolaire les jeunes en difficulté. Alors qu’à Frontignan la Peyrade nous avons fait de l’éducation une priorité absolue, nous pensons que ce n’est pas de cela dont le monde a besoin, mais au contraire d’une jeunesse qui puisse bénéficier d’un enseignement de qualité, pour tous.
Malheureusement, cette mesure drastique n’est pas la seule et d’autres réformes adoptées dans l’été viennent porter de nouveaux coups à un système scolaire déjà affaibli. Volonté annoncée du Président Sarkozy, le service minimum d’accueil des élèves dans les écoles primaires en cas de grève des enseignants, étendu en cas d’absence imprévisible d’un enseignant, a été adopté en juillet. La loi l’impose désormais aux communes qui doivent en assurer l’organisation dès cette rentrée. Cette mesure nous inquiète. Car s’il est légitime de se préoccuper de la situation et de la disponibilité des familles, la réponse ne nous semble pas adaptée. La meilleure solution serait d’éviter la grève plutôt que de porter atteinte à ce droit des salariés, autrement dit d’ouvrir le dialogue social. Nous estimons que cette mesure, qui n’est pas sans poser de sérieux problèmes pratiques, mais également financiers, aux communes, tend à terme à minimiser la mission première de l’école et à la transformer en garderie. Elle pose en outre le problème des personnels qui encadreront les élèves et la sécurité des enfants. A qui la Ville va s’adresser pour assurer ce dispositif lorsque enseignants et fonctionnaires territoriaux seront en grève ? Combien d’enfants pourront être accueillis ? Dans quelles conditions ? Est-ce vraiment aux mairies d’assurer un service de remplacement des personnels de l’Education Nationale ? Assurément, ce service de « garde » trompe les parents, néglige l’intérêt des enfants et accable les élus locaux.
Enfin, sans prendre position sur le fond, la mise en place de la semaine des 4 jours dans l’urgence, sans concertation et sans accompagnement, pèse également gravement sur les collectivités. Elle entraîne une réorganisation d’importance qui aurait mérité un peu plus d’attentions de la part de l’Etat. Mais là encore, nous avons été vigilants et avons su, avec le corps enseignant, le personnel communal et les parents, anticiper suffisamment pour tout mettre en place pour la rentrée.
Nous regrettons donc vivement toutes ces mesures qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt général et encore moins de l’intérêt de l’enfant. Convaincus, pour l’avenir de nos jeunes, que nous devons faire, en matière d’éducation, un choix de société et non un choix comptable, nous continuerons, à Frontignan la Peyrade, d’agir dans ce sens.

Les élus du groupe majoritaire de la commission Education : Michel Arrouy, Claudie Minguez, Nadine Despretz, Youssef El Amri, Marie-Ange Palamara, Carine André, Françoise Adelino, Pascale Gregogna
texte publié dans le magazine Enville n°95 de septembre 2008

 

Mis en ligne le 11 septembre 2008



 
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