| |
Oui, le muscat a de l’avenir
Dans un climat de morosité de la filière viti-vinicole et peu après la menace gouvernementale d’interdiction des dégustations lors des foires aux vins, l’extraordinaire succès populaire emporté cet été par la 23e édition du festival du muscat est vraiment réjouissant.
En terme de notoriété tout d’abord, car cet événement est devenu l’un des tous premiers rassemblements viticoles et gastronomiques du bassin de Thau et de l’Hérault avec environ 30.000 visiteurs. Au niveau national et international, aussi, car la communication faite sur le cépage à travers le concours œnologique Muscats du Monde rejaillit évidemment sur Frontignan, appellation de la ville, du muscat, du cépage à petit grains et de la bouteille… N’oublions pas que Frontignan est la seule ville au monde à accueillir une confrontation professionnelle et un festival grand public spécifiquement consacrés au muscat.
En terme de reconnaissance, également, du travail qualitatif conduit par les vignerons et le syndicat de défense du cru. Car tout cela ne pourrait être envisagé sans la volonté d’une poignée de femmes et d’hommes -environ 300- qui font vivre leur terroir avec passion. Cette richesse économique, cette aventure humaine trouvent leur pleine expression au moment du festival, mais aussi lors des balades gourmandes, des ateliers de dégustation, des visites de caveaux et de domaines, des soirées Enmuscades de cinéma dans les vignes… Frontignan la Peyrade vit, en effet, muscat toute l’année et le festival ne pourrait être l’apothéose qu’il est devenu sans ce cheminement régulier qui incite tout un chacun à partir à la rencontre de celles et ceux qui sont derrière les bouteilles.
Mises en place depuis l’an dernier à notre initiative, fruits désormais d’un partenariat avec l’office de tourisme et le syndicat du cru, les balades gourmandes conduisent, d’avril à septembre, plus de 300 personnes sur les pentes de la Gardiole ou sur les plaines du littoral. Et ce sont autant d’amateurs qui se pressent l’été pour découvrir des domaines et y déguster brasucade de moules, muscat sec, musique et film dans une ambiance d’une grande convivialité.
Cette politique oenotouristique, qui mêle le savoir-faire des producteurs avec le faire-savoir des partenaires, contribue à façonner une nouvelle image du muscat de Frontignan. Cela est essentiel et nous demande une attention permanente. Car, de plus en plus formés -et notamment grâce aux actions que nous menons-, les consommateurs deviennent, au fil des ans et des rencontres, des acteurs expérimentés et exigeants qui attendent de la qualité partout : dans le verre, certes, mais aussi dans l’accueil, l’environnement et la rencontre. Apéritif réputé, le muscat de Frontignan offre une riche palette de vins d’une belle complexité et d’un grand raffinement. Ils font appel au cœur et à l’esprit. Et plus cet esprit possède de notions et de connaissances, plus ce cœur s’ouvre à de nouvelles sensations.
C’est un chantier de longue haleine que nous menons. Il est vital et passionnant. Demain, il nous faudra investir de nouveaux champs : créer un site internet spécifique, réaliser un reportage-photo et un film-documentaire, inciter à la production de muscat bio, mettre en place une route des vins, imaginer un sentier des senteurs muscatées… Bref, écrire ensemble, aussi humblement et volontairement que le travail de la vigne le dicte, une nouvelle histoire entre ce territoire et ce terroir. En attendant, bon courage à tous pour ces vendanges 2009. Le vin qu’elles feront naître sera quoiqu’il en soit celui d’une nouvelle aventure commune.
Le groupe majoritaire
texte publié dans le magazine Enville n°106 de septembre 2009
Mis en ligne le 26 août 2009

|