Il n’aura fallu que quelques heures au gouvernement pour trouver des dizaines, des centaines de milliards d’euros d’argent public pour «assister» les banques et les entreprises privées. Pourtant, dans le même temps, les caisses de l’Etat sont vides pour les salariés, les chômeurs, les retraités, les jeunes, les malades… Le fameux « trou de la sécu », un gouffre sans fond, nous dit-on, une véritable catastrophe économique dont la France souffrira pendant des décennies… ce trou, ce n’est en fait que 5 milliards d’euros. Et cela justifie le déremboursement des médicaments, les franchises pour les usagers, la fermeture des hôpitaux de proximité…
Pas d’argent non plus pour les services publics avec des milliers de suppressions de postes prévues dans les années à venir dans tous les domaines, éducation, santé, transports, justice…Pas plus d’argent pour la Poste que le gouvernement conduit inéluctablement à la privatisation (voir motion page 15). Et toujours moins de moyens pour les collectivités qui risquent, dans le cadre de la loi de finances 2009, de perdre encore davantage à grands coups de réformes imposées (dotation de solidarité urbaine, dotation globale de fonctionnement, fonds de compensation pour la TVA, suppression envisagée de la taxe professionnelle…) sans jamais ouvrir de débat avec les élus et les citoyens.
Les ménages sont touchés de plein fouet par la hausse des prix, les collectivités aussi. Car au delà de l’augmentation des tarifs, notamment des carburants et des matières premières, elles subissent la crise immobilière, avec une baisse des transactions qui entraîne une perte pour les villes, et les coupes sombres de l’Etat qui se désengage un peu plus chaque année. Pourtant, en France, si 85% de la dette est de la responsabilité de l’Etat, 75% des investissements dépendent des collectivités locales.
A Frontignan la Peyrade, nous souffrons comme ailleurs de la crise financière mondiale et des mesures gouvernementales. Mais ici, nos choix politiques sont fondamentalement différents. Lors du dernier conseil municipal, nous avons décidé de procéder à une modification du budget afin de compenser les carences de ce gouvernement et de poursuivre une politique sociale et solidaire. Cette modification a pour conséquence directe de maintenir des tarifs accessibles pour les familles autant dans les restaurants scolaires que dans les maisons de retraite. Elle a également pour but de poursuivre les travaux engagés dans la ville pour améliorer et développer les équipements publics. Bien sûr, les moyens de notre ville ne pourront suppléer toujours au désengagement de l’Etat. Mais notre volonté est de défendre la solidarité et ses moyens le plus possible.
C’est la voie que nous avons choisie et que nous continuerons de défendre.
Les élus du groupe majoritaire
texte publié dans le magazine Enville n°97 de novembre 2008