Expressions des élus : les élus de la Majorité

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Gérard Bouisson nous a quittés

Généreux et engagé, Gérard Bouisson, conseiller général du canton de 1996 à 2008, a su être un élu de grande proximité au service de toutes les communes et tous les habitants du canton. Nous tenons à rendre hommage à cet humaniste, véritable homme de gauche.


Mort programmée des collectivités territoriales


Depuis plusieurs mois, une réforme des institutions se met en place sans que les citoyennes et citoyens ne soient concertés ni même informés. Comme la plupart des réformes concoctées unilatéralement par le président Sarkozy et son gouvernement depuis 2007, celle sur les collectivités territoriales, adoptée le 28 septembre dernier, se caractérise par un triple objectif malheureusement très clair : mise en cause des libertés et limitation des services publics locaux, recentralisation du pouvoir et privatisation des missions publiques.
Dans ses grandes lignes, au prétexte de diminuer le «millefeuille» des institutions, cette réforme consiste à absorber les compétences des communes, des départements et des régions. Elle prévoit, d’une part, la création de gigantesques collectivités nommées «métropoles» autour des grandes villes, privant les communes de financement et de liberté de décision. Ces métropoles seront des regroupements décidés par le préfet et non sur la base de projets de territoire élaborés par les élus et les citoyens. D’autre part, dès 2014, les conseillers généraux et régionaux seront supprimés et remplacés par des conseillers territoriaux. Ces nouveaux élus, élus avec un mode scrutin uninominal qui rendra la parité impossible, siégeront au conseil général et au conseil régional, cumulant ainsi deux fonctions tout en étant deux fois moins nombreux.
Au lieu de simplifier la vie politique, la réforme des collectivités territoriales sonne la fin de la proximité entre élus et citoyens. Elle est une privation de liberté pour les communes, elle l’est surtout pour les citoyens qui verront les centres de décision s’éloigner, leurs élus devenir moins représentatifs et plus difficiles d’accès. Le conseiller territorial ne pourra qu’être un professionnel de la politique, un élu technicien siégeant dans deux assemblées aux compétences différentes et dans l’impossibilité de conduire des politiques publiques librement choisies.
En privant les collectivités territoriales de toutes libertés et en les asphyxiant financièrement, alors même qu’elles financent 75% des investissements publics, cette réforme est, en plus d’un déni de démocratie, la mise à mort de nos collectivités et des services publics. C’est encore un facile alibi pour offrir au secteur privé nombre de services assurés aujourd’hui par les collectivités locales, au prix de l’abandon des populations les moins solvables, des services les moins rentables, des territoires les moins favorisés. Ce sont 30 années de décentralisation qui sont mises à mal.
Le gouvernement est encore dans une logique de restriction du débat public, d’écrasement de la pluralité, de bipartisme, voire de monopartisme. Or, nous savons ici que le vivre ensemble se construit à travers l’exercice de la démocratie et que nos territoires sont les creusets de cette démocratie. La satisfaction des besoins économiques et sociaux nécessite une intervention publique exigeante, ambitieuse et au plus près du terrain, particulièrement dans le contexte de crise que subissent les citoyens. Nous continuerons de nous mobiliser contre cette réforme et invitons toute la population, citoyens et usagers des services publics, à se mobiliser pour la sauvegarde de la démocratie locale et nationale.

 

Le groupe majoritaire.

 

texte publié dans le magazine Enville n°115 de novembre 2010

 

 

Mis en ligne le 16 novembre 2010

 

 



 
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