| |
PPRI : des conditions à un accord
Lors du dernier conseil municipal, nous avons eu à nous prononcer sur le projet de Plan de prévention des risques naturels d’inondation (PPRI) élaboré par l’Etat. A l’unanimité, les élus de tous bords ont émis un avis favorable assorti de remarques importantes sur ce document qui vise à protéger les biens et les personnes en délimitant les zones exposées afin de ne pas en accroître la vulnérabilité et d’informer la population sur ces risques.
Conscients des enjeux liés aux phénomènes d’inondation, qu’ils soient par submersion marine ou par ruissellement, nous avons mis en œuvre une politique visant à la prise en compte de ce risque naturel, depuis plus de dix ans. Dès 1999, des études qui permettaient de localiser et de caractériser le risque inondation ont été réalisées. Les résultats ont pu être pris en compte et traduits sur le plan réglementaire dans le Plan d’occupation des sols, devenu le Plan local d’urbanisme (PLU), approuvé en 2001.
En septembre 2007, le Préfet de l’Hérault a prescrit l’élaboration d’un PPRI sur les seize communes du bassin versant de l’Etang de Thau, dont, bien sûr, Frontignan la Peyrade.
Depuis cette date, nous avons eu de nombreux échanges avec les services de l’Etat. L’élaboration de la révision de notre PLU s’est effectuée en parallèle à l’élaboration du projet de PPRI et a ainsi pu anticiper sur les principes majeurs du plan de prévention qui nous est présenté aujourd’hui.
Nous avons ainsi clairement marqué notre volonté d’intégrer la question de la protection des personnes et des biens face au risque naturel d’inondation par submersion marine à notre projet de développement urbain.
Mais, si nous ne remettons pas en cause les principes du PPRI, il nous semble malgré tout nécessaire d’attirer l’attention des services de l’Etat sur différents points, voire incohérences, qui posent question, voire problème.
Pour commencer, l’interdiction de nouvelles constructions en zone rouge dans la ville existante semble discutable pour les propriétaires de terrain non encore bâti, surtout lorsque toutes les parcelles limitrophes sont déjà construites.
D’autre part, les mesures de mitigation (atténuation en matière de prévention de risques majeurs naturels) qui devront être mises en œuvre par les particuliers paraissent injustes, puisque seuls 40% des frais pourront être pris en charge par l’Etat alors que la réalisation de ces travaux conditionnerait désormais la possibilité d’être assuré, et que les compagnies d’assurance multiplient, par ailleurs, leurs bénéfices.
Egalement dérangeante, l’inégalité de traitement des citoyens que constitueraient des autorisations de remblai à des fins de construction dans des zones inondables sur une partie du bassin de Thau, notamment sur des terrains de l’Etat, et qui seraient interdites partout ailleurs sur le territoire.
Enfin, nous nous devons d’évoquer la question de l’éventualité d’une inondation sur le site de dépôt d’hydrocarbures de BP-GDH, installation classée SEVESO seuil haut, sur lequel l’élaboration d’un Plan de prévention de risques technologiques (PPRT) est en cours. Dans «l’esprit de la loi», des précautions maximales devraient y être prises. Or, l’impact d’une submersion marine sur le site n’a pas été mesuré à ce jour, notamment en ce qui concerne le risque de pollution des espaces naturels maritimes et de ses conséquences environnementales et économiques pour le l’ensemble du bassin et particulièrement les étangs.
Le groupe majoritaire.
texte publié dans le magazine Enville n°117 de mars 2011
Mis en ligne le 19 mars 2011

|
|