| |
Protéger les espaces naturels sensibles, un combat sans fin
Comme vous avez pu le lire page 2, le vendredi 24 avril dernier, le Préfet remettait au Syndicat intercommunal des étangs littoraux (SIEL) et aux maires des communes qui bordent les étangs palavasiens, le label RAMSAR pour leurs efforts dans la protection d’une zone humide d’importance internationale.
Ce label consacre en effet pas moins de 10 ans d’interventions des élus et des associations pour éviter que la croissance démographique et l’urbanisation excessive ne viennent renforcer le processus qui a abouti, malgré les efforts, à la perte de la moitié des zones humides françaises en quelques décennies.
Mais cet événement indique également d’autres évolutions.
Il y a 15 ans, l’association des Mouettes était trainée en justice pour avoir mis sur l’étang du même nom des banderoles hostiles à l’extension du port de plaisance de Frontignan et à la création d’une marina. Il y a 15 ans, la «normalité» était que l’on pouvait détruire les espaces naturels et notamment les étangs pour l’urbanisation et l’industrie. Les pouvoirs publics donnant la priorité à des projets touristiques pharaoniques.
Aujourd’hui, fort heureusement, la prise de conscience s’élargit et la protection des espaces naturels est mise à l’honneur.
Pour autant, tous les dangers ne sont pas écartés, loin s’en faut.
La création d’un dépôt de déchets ultimes et d’une méga décharge dans la Gardiole, sur le territoire de la commune de Fabrègues, à quelques kilomètres des espaces protégés par le label RAMSAR, montre que le combat pour la protection de l’environnement est loin d’être terminé.
L’enquête publique ne tient pas compte des avertissements des scientifiques, notamment les hydrogéologues, qui insistent sur les risques d’écoulement néfastes aux étangs et au territoire.
Les étangs salués, fêtés aujourd’hui, sont encore menacés et peuvent disparaître si chaque citoyen ne s’empare pas de leur défense.
La gestion des déchets est une question qui n’a pas été prise sérieusement en compte durant des décennies dans l’Est du Département de l’Hérault. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller voir le site de la décharge du Tôt sur le territoire de Lattes.
Les méga-décharges, même celles qui sont bien gérées, sont dangereuses sur le long terme. Les déchets doivent être traités en impliquant l’ensemble des communes, en démultipliant de petits centres de stockage pour que chacun participe à l’effort et ne se réfugie pas dans son égoïsme communal. La protection de l’environnement doit être l’affaire de tous et de chacun.
Le groupe majoritaire
texte publié dans le magazine Enville à Frontignan la Peyrade n°103 de mai 2009
Mis en ligne le 5 mai 2009

|