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Demain, quelles fêtes ?
L’accroissement urbain et démographique de notre ville, même si il est maîtrisé, ne cesse de nous interroger sur le rôle que nous donnerons, demain, à ce que l’on a l’habitude de dénommer «festivités» -en fait, une variété quasi infinie d’événements plus ou moins grands ayant pour point commun de favoriser la rencontre et l’échange convivial entre personnes différentes.
A Frontignan la Peyrade, portés directement par la ville ou organisés en partenariat avec le vivier citoyen associatif, il existe près de 80 moments festifs. Parmi eux, plusieurs sont ancrés dans une certaine tradition et peuvent renvoyer l’image du village ou de la petite ville que nous ne sommes plus. En effet, dans les agglomérations plus importantes, fêtes votives, fêtes foraines, retraites aux flambeaux, corsos ou cavalcades ont depuis longtemps disparu ou, du moins, n’ont plus le retentissement de jadis. Ici, elles perdurent encore, souvent d’ailleurs avec succès, parfois aussi avec quelques difficultés. C’est notamment le cas de la fête foraine de juillet à Frontignan qui s’est réduite comme peau de chagrin depuis plusieurs années, et qui sera totalement absente cet été, faute de manèges intéressés. Elle reviendra en 2010, peut-être sur un nouveau site.
Il faut néanmoins se poser sereinement la question de la pérennisation de certaines formes festives qui jouaient –et jouent toujours- un rôle fédérateur de la communauté, à l’époque où tout le monde se connaissait et s’y donnait rendez-vous. Populaires, très souvent gratuits et se déroulant dans la rue, ces rendez-vous culturels doivent rester des moments uniques, mêlant anciens et nouveaux habitants, où les gens se retrouvent ou se découvrent. Pour cela, il faut que les élus, les associations et les citoyens inventent ensemble de nouvelles formes comme nous avons su le faire cette année, pour la fête de La Peyrade, en remobilisant autour de ce point d’orgue les nombreuses associations de ce quartier chargé d’histoire. Car, s’il est compréhensible que chacun puisse organiser ses propres manifestations comme il l’entend, il est aussi formidable de voir des gens issus de milieux et de cultures différentes poursuivre un seul et même but : faire se rencontrer, provoquer des échanges et donner du plaisir aux autres.
Cette concertation retrouvée est une excellente formule et nous souhaitons la développer sur d’autres quartiers et sur des événements fédérateurs comme le corso organisé en partenariat avec le comité des fêtes. Pourquoi, en effet, demain, ne pas imaginer des fêtes de quartier plus développées, décidées en lien avec les habitants, s’appuyant sur le savoir-faire associatif (notamment du comité des fêtes) qui, des Calmettes aux Prés St-Martin, du Mas de Chave aux Terres-Blanches, en passant par l’Entrée ou la Bergerie, ponctueraient l’année, fortes de leur identité et de toutes leurs diversités. Ici, un repas ou un vide-greniers, là un concert et quelques manèges, ailleurs un défilé et des jeux pour enfants, des défis sportifs ou des concours de pétanque…
Il nous faut donc désormais penser les festivités à l’aune de cette nouvelle géographie urbaine et humaine, et non plus uniquement sur l’entièreté de la commune (comme pour le FIRN, le Festival du Muscat, le Festipop, les Rencontres des Suds, etc). Ces nouveaux périmètres festifs, ces nouveaux territoires de partages et de rencontres, plus réduits, permettront sans nul doute de redonner goût et sens aux fêtes populaires. Et donc aussi à la citoyenneté et à la culture méditerranéennes. Inventons de nouvelles façons de vivre notre quartier et notre ville. Place à l’imagination collective.
Le groupe majoritaire
texte publié dans le magazine Enville à Frontignan la Peyrade n°105 de juillet 2009
Mis en ligne le 16 juillet 2009

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